Comme annoncé, voici la mise à jour de la chronique initiale parue le 21 avril 2007. Les choses peuvent changer, une réévaluation, une évolution ont toute leur place. Voilà de quoi rappeler en tout cas que ces chroniques renvoient forcément au moment où elles ont été rédigées, ce qui les rend profondément subjectives et relatives. Mais vous le saviez déjà !

Out of water -cd

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1990- Peter Hammill
La pochette de John Ellis m’a toujours bien plu.Elle s'inspire d'un pont qui se trouve au Japon.
Sinon, un peu de mal pour un côté vraiment « plastique/synthétique » au niveau production /son de l'album mais j’arrive à passer dessus pour aller chercher les morceaux…

4 pics pour moi dans cet album :

No Moon in The Water ambiance dépouillée et recueillie, zen, presque abstraite...

On the surface, hypnotique (Ce morceau ne serait-il pas oublié ou sous-estimé ?)

Evidently goldfish, une ouverture concise, texte qui interpelle, j’aime bien ...

Not The man s’intercale, ,j'ai toujours bien aimé le texte qui joue avec le "je" autobiographique ou pas dans les lyrics (est-ce l'auteur, est-ce quelqu'un d'autre...)

Ensuite :

Our oyster me semble très très convenu, le message un peu pesant, les droits de l'homme, la world music, tout ça me fatigue... Je dois reconnaître que le pont instrumental avant le dernier couplet est réussi et chargé d'émotion.

Something about Ysabel’s Dance ne m’a jamais vraiment accroché, même si c’est bien qu’une chanson contienne le mot anthropologue !!! Sacré Peter ! Cependant l'ambiance est bien rendue, comme un rassemblement de solitudes et de vies qui se délitent ou sont sans direction.

Par contre, oui, sacrilège (parce que je sais que ce morceau est un "hit")  A Way out, le grand  chef d’oeuvre d’émotion suposé (etc, etc) me semble extrêmement répétitif et pour tout dire ne m’a jamais vraiment  «ému »… Un morceau trop confit, trop « trop » en fait…
Green fingers que j'avais précédemment enterré un peu vite en le qualifiant de faible est un morceau secondaire (c'est donc mieux !) , un certain aspect sauvage s'en dégage, et Jaxon fait un joli numéro au sax, certes. Mais sur les lyrics je trouve PH un peu en pilotage automatique, ce qui limite globalement l'intérêt du morceau, qu'on peut prendre plaisir à réécouter de temps à autre, sans plus.

Voilà, après coup, le bilan passe de "mitigé" à bien, car l'album penche  définitivement vers le haut, les morceaux réussis sont particulièrement brillants. On est donc quantitativement nettement mieux qu'à l'ordinaire et,  chacun est libre de faire son choix, son tri.

Il faut reconnaître - à une ou deux exceptions peut-être dans la discographie - qu'un album même moyen de Peter Hammill contient toujours un ou deux morceaux extraordinaires, parfaite adéquation entre musique et paroles, portée par cette voix qui est une des plus caractéristiques de la rock music anglaise. Là, on est un cran au-dessus avec les 4 pics que j'ai indiqués plus haut.

Certaines chansons furent "bonifiées" en LIVE à la "Hammill".

L'interprétation en public est quasiment une relecture, une nouvelle interprétation (à tous les  sens du terme), comme si certaines facettes apparaissaient qui étaient restées dans l'ombre de la version studio.

Malheureusement, ces chansons furent souvent les mêmes, dommage , parce que

No Moon in the water sur scène,
vous imaginez la voix de Peter Hammill (fermons les yeux)
avec juste le sax de David Jackson ah…
(ne les ouvrez pas) fabuleux...


No moon on the water/ lyrics

So
if it's just so then
where is it now when
I find the moment
uncertain?         
Broken water pail -
no moon in the water,
try to hold it now.         
So
I want to hold on
reflection's all gone,
no ego - so.         
Broken water pail -
no moon in the water,
try to hold it now,
broken water pail,
hold me in the moment,
no more ego now.         
I would
drink the dregs of daylight,
break the bread of consciousness
and dream:
dream day for night,
nightfall around us,
waking, dreaming,
awake to the dream.         
Broken water pail -
no moon in the water,
try to hold it now,
hold me in the moment,
no more ego now,
no moon in the water,
no more ego now.