Le 25 octobre dernier, arrivée en douceur sur la scène, à l'heure, ils sont quatre, comme en 2003 à Marciac sauf qu'il fait moins chaud, je les attends, émotion face au moment et concentration en vue de leur musique, Wayne Shorter paraît tout petit, il sera grand un peu plus tard, saxophones tenor et soprano, Danilo Perez sera au piano, John Patitucci à la contrebasse, Brian Blade à la batterie.

Ces quatre-là se connaissent par coeur, et loin de sombrer dans une routine répétitive, ils ouvrent au contraire des horizons en permanence. Chacun est libre d'emmener les autres, liberté et collectif assumés. Le concert passe -littéralement- c'est comme une suite, il n'y a presque pas d'arrêts, juste des ruptures, des variations ... Beaucoup d'interactions, de signes et signaux entre les musiciens, complètement disponibles pour une partance, une idée... C'est le côté emballant de cette musique...Elle nous emmène par touches vers des rivages inconnus ou incertains, la visibilité n'est pas totale et chacun des auditeurs est tenu de participer, il se fait son idée. Le jeu en vaut la chandelle quand dans le brouillard surgit la lumière.

Nous étions six ce soir-là, et les sentiments, l'appréciation furent partagés. Trois franches adhésions dont la mienne, trois "déceptions" ...pour des raisons diverses,  manques de repères, style de musique, ...

Voici ce que j'ai trouvé sur le blog de jazz magazine et qui ne saurait mieux illustrer ce que j'ai senti et pensé : " ... liberté de ton absolue, d’initiatives  toujours assumées au plan collectif. / ... écoute mutuelle de tous les instants./  ... une gamme de couleurs très singulière dans le jazz créatif d’aujourd’hui." // " Le quartet fait le pari de la prise de risque. / ..."

Et un lien pour une chronique qui dit tout cela beaucoup mieux que moi !