Chez nous, le chien (appelé aussi le chien) dort dans une corbeille.

darsh

Enfin, pas toujours, mais principalement.

Pour un labrador de près de 40 kg c'est pas spécialement courant, mais c'est notre côté taquin, moqueur qui a voulu que nous lui offrions une superbe corbeille en osier ...(ambiance "d'habitude c'est des petits chienchiens dans ces trucs-là !)

Bref, imparablement armé et équipé, il (appelé aussi le chien) loge dans la cuisine.
Il s'installe là systématiquement (dressage pavlovien draconien oblige, faisez-nous confiance !) au moment des repas. Nous à table, lui dans la corbeille, avec interdiction de se lever, de venir réclamer. C'est la règle. Immuable. Respectée.

Ce qui nous distrait pendant les repas, je veux dire entre deux de nos longues discussions à visée philosophique sur la vie des fraises par grand vent ou l'évolution du nombre de dents des timbres à travers les âges, c'est d'observer en catimini le chien (appelé aussi le gentil chien).

Et de voir s'il est bien rangé dans sa corbeille, s'il n'aurait pas un sérieux problème de mélange dans les pattes de devant et de derrière, de savoir où peut bien être sa tête, tiens elle est où son oreille gauche, en vérité presque un boulot d'observateur à plein temps. L'ANPE, si vous me lisez...

Mais ça, encore, c'est rien. Non, le mieux c'est d'essayer de savoir s'il dort vraiment.

Et de prononcer négligemment des mots-clés qu'il connaît parfaitement comme  manger, le chien, psychopathe, épistémologie, chalumeau mono-oxyacétylénique, anticonstitutionnellement, tsss tsss... en résumé toute la panoplie.
Et,pour savoir, on n'a guère qu'un seul moyen. La queue du chien.

Bon, c'est vrai, notre chien, j'ai pas encore eu le temps ni de le démonter ni de le remonter mais je suis sûr qu'il a un moteur d'essuie-glaces dans l'arrière-train.

Quand il entend "tss,tss", un mouvement (un) de queue, mode intermittent, ambiance je bats de la queue quand je veux. Quand il entend "le chien" mouvement lent et régulier, pluie fine, ça l'intéresse, monsieur est content qu'on pense à lui et qu'on parle de lui. Pour "manger" alors là, pluie battante, et ça fait un moment qu'il est plus du tout couché dans la corbeille. Limite Tex Avery dans la cuisine. C'est d'ailleurs pour cela que nous évitons soigneusement ce mot pendant nos repas à nous.

Pour les autres mots que je vous ai donnés en exemple, pas de pot, chaque fois qu'on les prononce, pas de réaction, c'est sûr : il dort déjà.


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A la soupe ! Ah, quelle vie ! J'ai comme l'impression qu'ils vont
encore essayer de vérifier si je dors vraiment !